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Prix Artemisia 2022

Le Prix Artémisia met à l’honneur les autrices dans la bande dessinée. Ce prix a été fondé en 2007 par Chantal Montellier et Jeanne Puchol.

"L’association Artémisia a choisi son nom en hommage à Artémisia Gentileschi, une peintre italienne du XVIIème siècle. Douée, première femme admise à l’Académie du dessin de Florence elle aura à lutter toute sa vie contre les préjugés de ses contemporains.

Le jury d’Artemisia décerne tous les ans un prix pour récompenser une femme auteure de BD, pour saluer son œuvre, l’encourager, rendre le travail des femmes dans la BD plus visible, lutter contre la discrimination passive, contre les multiples plafonds de verre qui continuent de limiter la percée des auteures, des dessinatrices, des scénaristes, des créatrices, de leur art, leur créativité, leur génie, etc."

(source: site https://www.assoartemisia.fr/notre-combat/)



Cette année, le Grand Prix Artemisia a été décerné à Arianne Melone pour Gianna chez Albin Michel.


La BD retrace les combats d'une jeune militante à la fin des années 70.

Gianna travaille dur et milite pour l'universalisme, l'égalité des chances ou encore le droit à l'avortement. Ses parents ont beaux lui rappeler que "les filles d'avant, elles restaient à leur place", Gianna refuse de brider sa libido et veut vivre et croire en ses convictions.

Une BD libertaire et furieusement d'actualité.




Le Prix Spécial a été décerné à Emmi Valve pour La Grâce, Editions çà et là.


Un récit autobiographique de 300 pages sur les troubles mentaux, où la bédéiste finlandaise décrit méthodiquement sa plongée dans la dépression, de la dégradation de son état psychique alors qu'elle était jeune adulte à sa lente sortie de cet enfer après un séjour en HP. Les textes et les dessins sont bruts ce qui renforce son propos.



Le Prix Investigation a été décerné à Nellie Bly, dans l'antre de la folie, chez Glénat, de Virginie Ollagnier, autrice lyonnaise reconnue et Carole Maurel illustratrice talentueuse dont la dernière BD Coming In avec Elodie Font chez Payot cartonne!


Pionnière américaine du journalisme et du grand reportage, Nellie Bly se fait passer au XIXème siècle pour folle afin d'être internée à Blackwell, le plus grand hôpital psychiatrique de New York. Elle cherche à enquêter sur les conditions de détention des femmes enfermées et va découvrir un monde misogyne et sadique...

Cette histoire vraie tirée du livre de Nellie Bly 10 jours dans un asile peut être une excellente introduction pour découvrir cette autrice journaliste engagée.




Le Prix Biopic a été attribué à Queenie, la marraine de Harlem d'Aurélie Lévy et Elizabeth Colomba aux éditions Anne Carrière.

Femme oubliée dans l'histoire afro-américaine, les autrices ont décidés de faire redécouvrir et de rendre hommage à Stéphanie Saint Clair, une figure de la prohibition à Harlem.

Cette cheffe de gang de la loterie clandestine Newyorkaise qui a fui sa Martinique natale va créer un empire.

La BD épurée en noir et blanc déjà pressentie pour être adaptée au cinéma.




Le prix témoignage est décerné à Dessiner encore de Coco - Corinne Rey - aux éditions Les Arènes.

Rescapée de l'attentat de Charlie Hebdo du 7 janvier 2015, elle raconte la perte de l'insouciance, la culpabilité mais aussi les interrogations et les suppositions.

Et cette envie furieuse de dessiner, irrépressible, encore, toujours. C'est sensible, cru, criant et vivant.



Le Prix Révélation Graphique a été attribué à René.e aux bois dormants d’Elene Usdin chez Sarbacane.

"René n'est à sa place nulle part. Ni dans l'appartement qu'il partage seul avec sa mère, femme absente, aux manières froides ; ni avec les autres enfants de son école ; ni dans cette ville canadienne trop grande. Hypersensible, sauvage, il est sujet aux évanouissements durant lesquels il voyage dans des mondes fantasmagoriques. Au cours de l'un d'eux, il part à la recherche de son lapin qui s'est enfui. René bascule alors dans un monde peuplé de créatures aussi terrifiantes que bienveillantes. Sorcière sensuelle et cannibale en souffrance, ogre mangeur de lumière, créatures sans mémoire ou géant au cœur simple, côtoient René, qui lui-même se métamorphose au gré des rencontres. Il devient Renée, fleur, chatte, arbre… Et revisite les mythes fondateurs des Premières Nations, peuples autochtones canadiens. Mais, où s’arrête le rêve ? Et qui rêve, véritablement ? René, petit garçon à la recherche de son lapin ? René, homme au crépuscule de sa vie, à la recherche de ses blessures enfouies ? Ou encore Judith, sa fille, à qui René révélera la terrible histoire de son enfance volée et de sa véritable identité, par l’intermédiaire du rêve ?"

Un récit fantasmagorique aux couleurs vives et intenses dans un monde qui à tout du voyage initiatique et du rêve onirique.


Nous espérons que la mise en avant de ces autrices et bédéistes vous a plu. Si vous avez envie de découvrir ces BD elles sont disponibles à la librairie ou en commande le cas échéant. Belles découvertes et à bientôt.

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